Chronique noire de Maisonneuve

« Sous-genre du roman policier, le roman noir peut se définir par certaines caractéristiques récurrentes, incluant un univers violent, un regard tragique et pessimiste, voire ironique sur la société, un fort ancrage référentiel et un engagement social ».

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Un roman signé RICHARD CLOUTIER (17)Richard Cloutier s’est d’abord fait connaître comme auteur de nouvelles, puis à titre de chroniqueur de boxe, et finalement, de journaliste financier.

Un critique a dit de l’un de ses recueils : « Lorsque Richard Cloutier écrit des nouvelles, il les écrit le plus souvent comme d’autres écrivent des poèmes. Avec une liberté de ton et d’images où le sujet se précise ou s’efface avec la même facilité. » C’est un style qu’il a transporté dans cette première série de romans.

Avec La pluie tombait et la débâcle s’est amorcée, Richard Cloutier pose le premier jalon de la Chronique noire de Maisonneuve, une série de romans noirs d’ambiance dans lesquels il continue de faire évoluer des personnages troubles au sein d’un univers littéraire où le sang et l’alcool ne sont jamais bien loin. Une galerie complète de personnages y évolue et s’entrecroisent au cœur d’une ville tout à la fois prisée pour ses folles nuits qui n’ont rien de banal, colorée par une scène pugiliste florissante, et invariablement marquée par les intrigues nouées dans les arcanes de son industrie financière de premier plan.

La Chronique noire de Maisonneuve se déroule à l’époque actuelle. Outre certains personnages, dont les membres de l’Unité des homicides, les romans qui composent la série présentent certaines caractéristiques récurrentes, dont un regard tragique et pessimiste, voire ironique, sur la société. De même, la série évolue dans la ville de Maisonneuve, représentation d’une Montréal reconstruite à la suite d’une uchronie. Ainsi, Maisonneuve, au lieu d’être annexée par Montréal en 1918, a plutôt annexé Montréal. Maisonneuve offre donc au lecteur un ancrage référentiel fort, un peu à l’image de la musique qui rythme l’action d’un film.

Les romans qui composent la série Chronique noire de Maisonneuve sont disponibles via Amazon (versions papier et Kindle) au Canada https://amzn.to/3cvhtgn et en France http://amzn.to/3dh4kXc  — Vous préférez encourager les libraires locaux ? Commandez les à votre librairie au Canada. Je vous invite aussi à les réclamer à votre bibliothèque locale, c’est une belle occasion de rendre la littérature de genre disponible à la communauté. Pour les amateurs de dédicace, commandez votre exemplaire auprès de l’éditeur : info@dolcevitamedia.ca

La pluie tombait et la débâcle s’est amorcée

Il empoigna le corps qui gisait au pied de l’escalier. Et après l’avoir hissé sur son épaule, puis avoir traversé la cour intérieure de l’édifice en prenant garde de ne pas glisser sur le sol verglacé qui continuait à se couvrir d’eau au fil de l’averse incessante, il le déposa prestement dans le vaste coffre de sa voiture. Il scruta ensuite brièvement les fenêtres des bâtiments environnants à la recherche d’une lueur émanant d’une bougie ou d’un quelconque éclairage artisanal, mais ne distingua rien d’alarmant. Il ne vit que les habituels commerces surmontés de maisons de chambres, pour la majorité laissés à l’abandon depuis plusieurs jours en raison de la panne électrique. Alors, il se mit au volant de sa voiture et démarra afin de s’éloigner. À l’intersection, il vira à l’est sur la rue Sainte-Catherine, désertée, puis roula brièvement jusqu’à la rue Peel. Il s’y engagea à toute vitesse malgré la mince couche de glace qui faisait patiner ses roues et déporter constamment, par à-coups, sa voiture vers la droite, et gagna le boulevard René-Lévesque.

Dans ce premier roman de la Chronique noire de Maisonneuve, les décès se succèdent en marge d’une enquête pour fraude financière, alors que toute la région de la Vallée du Saint-Laurent est paralysée par une persistante pluie verglaçante et que la sécurité civile a déclenché son plan des mesures d’urgence.

L’étreinte des naufrageurs

Il pleut sur la ville depuis des heures et la pluie s’écoule dans les rues sans s’arrêter. Mais pour Lemmy T. Stone, maintenant, toute cette eau ne coulera plus assez pour laver ses souvenirs ou les emporter loin. Au contraire, ceux-ci tourneront auprès de ses luxures comme une bande de coyotes et de vautours. Heureusement, ils n’auront plus pour lui qu’une lointaine signification. Tout ce qui lui paraissait abject 24 heures plus tôt et le faisait péniblement souffrir semble devenu son seul point de référence. C’est donc sans remords qu’il compte dorénavant se griser de ce que l’argent et le pouvoir seront en mesure de lui procurer.

Dans ce deuxième roman de la Chronique noire de Maisonneuve, tandis qu’en filigrane une série de meurtres qui pourrait être un féminicide tient les policiers en haleine, on s’accroche aux pas d’un jeune banquier poussé malgré lui à faire son chemin dans un système où les privilèges coûtent cher et qui, au final, broie les gens tout simplement.

 

Plongeon dans l’abîme (à paraître)

Adossée au mur, impassible, Catherine Langevin passe délicatement la main sur sa nuque, les doigts sous ses cheveux bruns qui lui tombent bien au-dessous des épaules, tandis qu’elle réfléchit rapidement à la valeur de ce « témoin taré », comme on appelle les délateurs, en réalité des criminels « repentis » qui, pour cette raison, n’ont quasiment aucune crédibilité lorsqu’ils sont appelés à témoigner en cour. Si cet homme est réellement « repenti », sa connaissance de l’organisation de Raymond D. York pourrait bien permettre de mettre sur pied une opération destinée à la faire tomber, se dit-elle. La policière estime qu’en plus des soupçons de meurtres, d’actes de proxénétisme aggravé et de viols en réunion qui la motivent, cette éventuelle enquête qu’elle rêve depuis des semaines de mener sur York et son entourage, est également susceptible de mettre en lumière des activités telles que le trafic de drogue et le complot d’influence de fonctionnaires. Ce qui justifierait d’autant plus le soutien qui lui est nécessaire pour aller de l’avant et qu’elle envisage maintenant plus que jamais de réclamer auprès de sa direction.

Dans ce troisième roman de la Chronique noire de Maisonneuve, une équipe interservices d’enquêteurs s’attaque directement à un important ponte du crime organisé alors que sévit une guerre de territoires marquée par plusieurs règlements de comptes à la suite de la mort violente de celui qui supervisait le réseau de revendeurs de cocaïne de l’organisation.